{"id":1171,"date":"2020-04-20T16:06:17","date_gmt":"2020-04-20T15:06:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/?p=1171"},"modified":"2024-01-16T10:13:39","modified_gmt":"2024-01-16T09:13:39","slug":"stop-ou-encore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/stop-ou-encore\/","title":{"rendered":"Stop ou encore ?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1107 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-300x95.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"95\" srcset=\"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-300x95.gif 300w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-768x244.gif 768w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-1024x325.gif 1024w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-600x190.gif 600w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-1080x343.gif 1080w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tok\u016b a eu beau r\u00e2ler, protester, vitup\u00e9rer tout ce qu\u2019il pouvait, sans jambes ni bras, que vouliez-vous qu\u2019il obt\u00eent ?<\/p>\n<p>Nous sommes en Chine, et trouver une quincaillerie-bazar qui te vend tout ce que tu recherches, \u00e0 n\u2019importe quelle heure du jour ou de la nuit, c\u2019est monnaie courante.<\/p>\n<p>C\u2019est donc muni d\u2019une corde, d\u2019une trottinette \u00e0 moteur, d\u2019un rouleau d\u2019adh\u00e9sif et de deux talkies-walkies que nous regagnons notre cache, non loin de l\u2019entrep\u00f4t gard\u00e9 par les golgoths survitamin\u00e9s.<\/p>\n<p>Ah, et aux esprits chagrins qui me demanderaient comment j\u2019ai pu payer mes emplettes, j\u2019avancerai les deux solutions suivantes, vous n\u2019avez qu\u2019\u00e0 choisir :<br \/>\na) Le grand Co\u00ebsre m\u2019a fil\u00e9 des yuans en pr\u00e9vision ;<br \/>\nb) Au moment o\u00f9 je vous parle, la g\u00e9rante du bazar est suspendue \u00e0 son ventilateur, avec ses propres intestins.<\/p>\n<p>Or donc, la trottinette et la corde. Premi\u00e8re \u00e9tape, je brise le cadre de la trottinette avec autant de facilit\u00e9 qu\u2019une allumette. Entre mon bras m\u00e9tallique et la qualit\u00e9 <em>made in China<\/em> de cette merde, c\u2019est un jeu d\u2019enfant.<\/p>\n<p>Quand il ne me reste plus que la planche, les roues et le moteur, j\u2019effectue quelques raccords \u00e9lectriques, fixe l\u2019un des deux talkies \u00e0 l\u2019avant de mon bricolage, puis j\u2019attrape Tok\u016b et le saucissonne sur la planche.<\/p>\n<p>Oh, c\u2019est marrant, on dirait un p\u00e9kinois qui remue la t\u00eate \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019une voiture !<\/p>\n<p>Le pauvre est tellement accabl\u00e9 qu\u2019il ne cherche m\u00eame plus \u00e0 m\u2019insulter, il n\u2019en a plus la force.<\/p>\n<p>\u2014 Tu as bien compris ce que tu dois faire ? Avec le menton, tu actionnes ce levier pour avancer ; avec les dents, tu as cette manette pour te diriger. Pour le reste, j\u2019ai pris une longueur de corde que je pense \u00eatre suffisante. D\u00e8s que tu as fini, tu te d\u00e9merdes pour appuyer sur ce bouton du talkie avec le nez, et je te ram\u00e8nerai en tirant sur la corde.<\/p>\n<p>Le visage \u00e9cras\u00e9 sur mon bricolage improbable, Tok\u016b arrive \u00e0 accrocher mon regard au prix d\u2019une torsion du cou.<\/p>\n<p>\u2014 Orcus, je peux te poser deux questions ?<\/p>\n<p>Je hausse les \u00e9paules, vu que moi je peux encore.<\/p>\n<p>\u2014 Je te dois bien \u00e7a.<\/p>\n<p>\u2014 OK. Alors d\u2019abord, tu es conscient que cette id\u00e9e de faire p\u00e9n\u00e9trer un zombie-tronc dans un entrep\u00f4t en le faisant passer par les \u00e9gouts, accroch\u00e9 \u00e0 une planche \u00e0 roulettes motoris\u00e9e, est certainement le truc le plus d\u00e9bile qui ait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 depuis que l\u2019homme s\u2019est mis en t\u00eate de raconter des histoires ? S\u00e9rieusement, mec ? Un moignon scotch\u00e9 \u00e0 un skate qui se dirige avec le nez et les dents ? Tu esp\u00e8res convaincre qui, l\u00e0 ?<\/p>\n<p>Touch\u00e9. C\u2019est vrai que sur ce coup-l\u00e0, m\u00eame le p\u00e8re Fleming avec son James Bond ou le nabot scientologue dans <em>Mission : Impossible<\/em> n\u2019auraient pas os\u00e9. Mais bon, de toute fa\u00e7on, on est l\u00e0 pour s\u2019amuser, non ? Sinon, je ne serais pas en train de glander sur Facebook avec les copains.<\/p>\n<p>\u2014 Aucune autre ambition que de se marrer, r\u00e9ponds-je. C\u2019est vrai que je ne suis pas cr\u00e9dible, et en m\u00eame temps, on est dans une histoire de zombies, mon vieux ! On s\u2019attendait tellement que je me castagne avec les golgoths que le coup du tronc du petit Tok\u016b accroch\u00e9 \u00e0 sa planche, j\u2019avoue que \u00e7a me fait marrer.<\/p>\n<p>Un moment de r\u00e9flexion, puis il reprend :<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019entends ton argument, Orcus. L\u2019exag\u00e9ration, le burlesque, le grotesque, la farce, tout \u00e7a, passe encore. En revanche, et c\u2019est ma deuxi\u00e8me question, pourquoi c\u2019est syst\u00e9matiquement moi qui m\u2019en prends plein la gueule ? Franchement, tu as vu le traitement que tu m\u2019infliges depuis le d\u00e9but ? Je me fais d\u00e9foncer, d\u00e9biter, d\u00e9membrer, mais \u00e7a ne te suffit pas, il faut encore que tu m\u2019humilies post amputation en me transformant en \u00e9norme maki t\u00e9l\u00e9guid\u00e9. Tu ne pouvais pas me faire mourir une bonne fois pour toutes ? M\u2019offrir une porte de sortie honorable ? Je t\u2019en conjure, Orcus, renonce \u00e0 cette facilit\u00e9 de m\u2019humilier une fois encore. D\u00e9tache-moi et allons massacrer la gueule de ces petits fils de putes de golgoths. Tiens, tu vois, je redeviens volontairement vulgaire, comme tu aimes. Allez, Orcus, sois un bonhomme et, oserais-je le dire, un ami. Fais-moi mourir au combat, comme le samoura\u00ef que je suis le m\u00e9rite. Je n\u2019ai certes plus de jambes ni de bras, mais mon \u00e2me de guerrier nippon transcendera ce l\u00e9ger d\u00e9sagr\u00e9ment. Au nom de tout ce qui nous lie, Orcus. Je t\u2019en prie.<\/p>\n<p>Je le regarde, le souffle coup\u00e9 par tant de mise \u00e0 nu, teint\u00e9e de dignit\u00e9. Il me renvoie un regard brillant, o\u00f9 je lis ces liens ind\u00e9fectibles qui nous unissent, une amiti\u00e9 que je pensais impossible entre cr\u00e9atures de l\u2019outre-monde.<\/p>\n<p>Alors, je sors mon couteau crant\u00e9 (que j\u2019ai oubli\u00e9 de te dire que je l\u2019ai pris tout \u00e0 l\u2019heure \u00e0 la quincaillerie, et que j\u2019ai la flemme de remonter modifier mon texte), et m\u2019agenouille \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Tok\u016b roulant.<\/p>\n<p>Je lis la gratitude sur son visage, puis l\u2019incompr\u00e9hension quand je me sers de mon couteau comme d\u2019un levier pour soulever la plaque d\u2019\u00e9gout.<\/p>\n<p>\u2014 Quoi ? \u00e9ructe-t-il. Alors tout ce que je viens de te dire, ce c\u0153ur mis \u00e0 nu, o\u00f9 j\u2019entassais toutes mes col\u00e8res, cette confession d\u2019un zombie du si\u00e8cle, tu t\u2019en branles ?<\/p>\n<p>Je l\u2019attrape par la corde qui l\u2019entoure fa\u00e7on r\u00f4ti de Jap, et le rapproche de l\u2019ouverture puante.<\/p>\n<p>\u2014 Je suis d\u00e9sol\u00e9, mon vieil ami, mais je crois que je ne peux me passer de toi.<\/p>\n<p>\u2014 Mais\u2026 pourquoi ?<\/p>\n<p>\u2014 Parce que je suis accro, Tok\u016b !<\/p>\n<p>Et hop, je le balance dans la bouche d\u2019\u00e9gout !<\/p>\n<p>\u2014 Orcus Morrigan, esp\u00e8ce d\u2019encul\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9\u00e9 !<\/p>\n<p>J\u2019entends un plouf, puis un klong, puis un va-niquer-tes-morts, puis un zonzonnement, et je vois la corde qui commence \u00e0 se d\u00e9rouler.<\/p>\n<p>\u2014 Et n\u2019oublie pas, cri\u00e9-je dans le trou, appuie sur le bouton rouge pour que je te ram\u00e8ne \u00e0 la surface.<\/p>\n<p>Il ne me r\u00e9pond plus. Normal, il a besoin de ses dents pour se diriger.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai plus qu\u2019\u00e0 attendre son signal, en m\u2019assurant qu\u2019il ait toujours assez de longueur de corde pour se diriger. Alors je m\u2019assois sur le trottoir, et contemple la ville en contrebas (oui, l\u2019entrep\u00f4t est dans les hauteurs, je viens de le d\u00e9cider). D\u2019un coup, le doute m\u2019assaille. Et si c\u2019\u00e9tait Tok\u016b qui avait raison ?<\/p>\n<p>Je m\u2019interroge sur la pertinence de mon entreprise. \u00c7a fait quoi, trois semaines qu\u2019on se donne rendez-vous six jours sur sept, sur les couilles de 18 heures ? Mais est-ce bien raisonnable ? Est-ce que je ne suis pas en train de dilapider un potentiel qu\u2019on me pr\u00eate depuis longtemps, mais qui tarde \u00e0 exploser ? Est-ce qu\u2019\u00e0 un moment, m\u00eame de mes conneries de zombie, vous n\u2019allez pas vous lasser ? Non parce que des calembours, des blagues de cul, des tripes et des visc\u00e8res, du pipi-caca-prout, \u00e7a va bien deux minutes, mais au bout du bout, tout \u00e7a pour quoi ?<\/p>\n<p>Et en m\u00eame temps, mille pardons, mais c\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde, de faire le clown \u00e0 heures fixes. J\u2019aimerais bien les voir, moi, les invit\u00e9s perp\u00e9tuels de Fran\u00e7ois Busnel, \u00e0 ma place. Un journal de confinement ? Mais comment je t\u2019en chie un tous les matins apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, moi ! Et sans pousser. Les affres de ma conscience au monde tortur\u00e9e ; mon \u00e9merveillement de pucelle devant le vol d\u2019une abeille gorg\u00e9e de pollen ; comment je me r\u00e9invente bien en profondeur dans ma maison de campagne, ah oui, bien profond, vas-y Raymond.<\/p>\n<p>Mais du Orcus Morrigan, dites, vous croyez qu\u2019il suffit que j\u2019ouvre la vanne \u00e0 conneries pour que \u00e7a sorte dru et \u00e9pais, fa\u00e7on \u00e9jaculation de pur-sang ? Vous pensez que je ne me creuse pas le cervelet avec une pince \u00e0 escargots pour essayer de me renouveler dans le graveleux, truffer mes conneries de r\u00e9f\u00e9rences que vous serez pas lerche \u00e0 les trouver ?<\/p>\n<p>Tenez, vous savez ce que j\u2019aimerais vous livrer, comme \u00e7a, en louced\u00e9, un de ces quatre ap\u00e9ros ? Un po\u00e8me ! Oui, oui, un po\u00e8me de mon cru. Quelques vers, auxquels vous ne vous attendez pas, des trucs qui me grignotent l\u2019\u00e2me en ce moment. Mais je le ferai pas. Trop timide, et puis vous attendez tellement autre chose de moi.<\/p>\n<p>Bon, promis, c\u2019\u00e9tait la seule et unique fois o\u00f9 je vous livrais mes \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Maintenant que je me sens plus l\u00e9ger, <em>back to thrill<\/em>.<\/p>\n<p>Mon talkie se met \u00e0 gr\u00e9siller, m\u2019arrachant \u00e0 mes complaintes d\u2019\u00e9crivaillon narcissique. Je tire sur la corde et entreprends de ramener mon pote \u00e0 la surface, kif ces chasseurs esquimaux qui remontent des phoques de sous la banquise.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, je manque ne pas reconna\u00eetre Tok\u016b. Le machin qui pendouille au bout de la corde est marronnasse, d\u00e9goulinant d\u2019un jus \u00e9pais et naus\u00e9abond, garni de morceaux de colombins et de d\u00e9jections inidentifiables.<\/p>\n<p>Je m\u2019empresse de d\u00e9gainer mon couteau et de le lib\u00e9rer de ses liens.<\/p>\n<p>\u2014 \u00c7a va, mon pote ? demand\u00e9-je en lui \u00f4tant une capote de derri\u00e8re l\u2019oreille.<\/p>\n<p>Il tousse, expectore, recrache un tampon hygi\u00e9nique et dans un r\u00e2le d\u2019asthmatique, m\u2019explique :<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est la derni\u00e8re fois, Orcus\u2026 Je le jure\u2026 Alors, les conduits m\u2019ont amen\u00e9 sous une salle de r\u00e9union. Malheureusement, je n\u2019ai pas pu voir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Juste entendre. Mais c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 instructif. Je ne sais pas si \u00e7a peut servir, mais j\u2019ai le pr\u00e9nom du zombie \u00e0 t\u00eate de rat qu\u2019on a suivi : Francisco.<\/p>\n<p>Francisco ? Non, vraiment, son faci\u00e8s de must\u00e9lid\u00e9 ne m\u2019est pas inconnu, mais son blaze ne r\u00e9veille rien d\u2019autre pour l\u2019instant.<\/p>\n<p>\u2014 De ce que j\u2019ai devin\u00e9, poursuit Tok\u016b, les autres membres du GODE \u00e9taient furieux. D\u2019avoir foutu le feu au labo de Mengele \u00e9tait une super id\u00e9e, qui les fout dans la mouise et contrecarre leurs plans. Du coup, le pangolin que le Francisco a rapport\u00e9 est le seul rescap\u00e9, si j\u2019ose dire, de toutes les b\u00eates contamin\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014 La menace n\u2019est donc pas compl\u00e8tement \u00e9radiqu\u00e9e, conclus-je avec une finesse d\u2019observation qui force l\u2019admiration.<\/p>\n<p>\u2014 Non, mais il y a encore moyen de les stopper. Ils ont pris la d\u00e9cision de livrer le cadavre de l\u2019animal, demain, dans un KFC.<\/p>\n<p>\u2014 Un KFC ? Kentucky Fried Chicken ?<\/p>\n<p>\u2014 Je ne sais pas, au cas o\u00f9 tu n\u2019aurais pas remarqu\u00e9, je n\u2019avais pas de quoi faire de recherche sur Mappy\u2026<\/p>\n<p>Bon, r\u00e9sumons : nous ne savons toujours pas qui sont les membres du GODE, \u00e0 part un certain Francisco \u00ab t\u00eate de rat \u00bb ; et il reste une source possible de contamination avec ce pangolin mi-cuit, pangolin qui doit \u00eatre livr\u00e9 demain dans un KFC.<\/p>\n<p>Autrement dit, \u00e7a va \u00eatre difficile de terminer cette histoire samedi, comme je l\u2019esp\u00e9rais un peu plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Je ramasse Tok\u016b et le harnache dans ses langes pour le remettre dans mon dos, en d\u00e9pit de ses sanies et du jus de chiasse qui lui coule de partout.<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait alors, Orcus ?<\/p>\n<p>\u2014 On retourne au march\u00e9, retrouver le grand Co\u00ebsre. Il nous saura nous indiquer o\u00f9 est le KFC, et avec un peu de chance, il pourra demander \u00e0 ses lieutenants de nous pr\u00eater main-forte. Et puis dans l\u2019imm\u00e9diat, il faut qu\u2019on s\u2019occupe de toi.<\/p>\n<p>\u2014 S\u2019occuper de moi ? Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire ?<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 ce que tu m\u2019as dit tout \u00e0 l\u2019heure, et tu as raison, Tok\u016b, j\u2019ai un peu abus\u00e9 te concernant. L\u00e0, ta plong\u00e9e dans les eaux merdeuses du quartier a certainement \u00e9t\u00e9 l\u2019humiliation de trop. Alors pour me faire pardonner, on va voir ce qu\u2019on peut faire pour te retaper avant demain.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est vrai ? Ah, putain, Orcus, je le savais ! Au fond, tu as beau \u00eatre un zombie, am\u00e9ricain de surcro\u00eet, mais tu n\u2019es pas qu\u2019un empaff\u00e9 sans conscience, je m\u2019en doutais. Je ne sais pas encore ce que tu as pr\u00e9vu, mais tu verras, quand j\u2019aurai retrouv\u00e9 toutes mes capacit\u00e9s, on va tout d\u00e9chirer, toi et moi !<\/p>\n<p>Un sourire malsain \u00e9tire la joue qui me reste, et je retiens un ricanement.<\/p>\n<p>Ne t\u2019emballe pas trop, mon pote. Je m\u2019appelle Orcus Morrigan, et je reste la cr\u00e8me des salopes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tok\u016b a eu beau r\u00e2ler, protester, vitup\u00e9rer tout ce qu\u2019il pouvait, sans jambes ni bras, que vouliez-vous qu\u2019il obt\u00eent ? 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