{"id":1139,"date":"2020-04-06T17:11:23","date_gmt":"2020-04-06T16:11:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/?p=1139"},"modified":"2024-01-16T10:17:04","modified_gmt":"2024-01-16T09:17:04","slug":"une-charogne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/une-charogne\/","title":{"rendered":"Une Charogne"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1107 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-300x95.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"95\" srcset=\"https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-300x95.gif 300w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-768x244.gif 768w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-1024x325.gif 1024w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-600x190.gif 600w, https:\/\/www.maxime-gillio.com\/maxime-gillio\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Sans-titre-1-1080x343.gif 1080w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>\u2014 Et moi je suis \u00e9baubi, Tok\u016b.<\/p>\n<p>Mon <em>yellow<\/em> pote est tellement estomaqu\u00e9 par le spectacle macabre qu\u2019il ne rel\u00e8ve m\u00eame pas la vanne.<\/p>\n<p>Imaginez-vous, au d\u00e9tour d\u2019un sentier, des charognes inf\u00e2mes, les jambes en l&rsquo;air, comme des femmes lubriques, br\u00fblantes et suant les poisons, ouvrant d&rsquo;une fa\u00e7on nonchalante et cynique leurs ventres pleins d&rsquo;exhalaisons.<\/p>\n<p>Je sens Tok\u016b qui, tout \u00e0 trac, tique \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Mais je n\u2019en ai cure et poursuis ma description lyrique.<\/p>\n<p>Les mouches bourdonnent sur ces ventres putrides, d&rsquo;o\u00f9 sortent de noirs bataillons de larves, qui coulent comme un \u00e9pais liquide le long de ces vivants haillons. Tout cela descend, monte comme une vague ou s&rsquo;\u00e9lance en p\u00e9tillant. On dirait que les corps, enfl\u00e9s d&rsquo;un souffle vague, vivent en se multipliant.<\/p>\n<p>\u2014 Orcus, tu es s\u00fbr que \u00e7a va ? Tu commences \u00e0 m\u2019inqui\u00e9ter, l\u00e0. Tu as de la fi\u00e8vre ?<\/p>\n<p>\u2014 Regarde comme c\u2019est beau, murmur\u00e9-je \u00e0 Tok\u016b sans quitter des yeux cet hypnotique tableau. Comme ce monde rend une \u00e9trange musique, comme l&rsquo;eau courante et le vent, ou le grain qu&rsquo;un vanneur d&rsquo;un mouvement rythmique agite et tourne dans son van.<\/p>\n<p>Une mandale d\u2019une vigueur insoup\u00e7onn\u00e9e m\u2019arrive en pleine tronche et m\u2019arrache \u00e0 ma contemplation.<\/p>\n<p>\u2014 Oh, Tok\u016b, mais \u00e7a va pas ? Tu veux que je te d\u00e9colle la t\u00eate, moi aussi ?<\/p>\n<p>Tok\u016b se frotte la main, satisfait.<\/p>\n<p>\u2014 Excuse-moi, mais t\u2019\u00e9tais parti dans des consid\u00e9rations po\u00e9tico-existentielles, s\u00e9rieux ! Tr\u00e8s chouettes, hein, je dis pas, mais on n\u2019est pas l\u00e0 pour faire du symbolisme, mon pote ! On a une mission \u00e0 mener, et chaque minute qui passe risque de nous faire rater le coche.<\/p>\n<p>\u2014 Mouais, que je r\u00e9ponds en me frottant la joue. Mais avise-toi de lever \u00e0 nouveau la main sur moi, et je te promets que je me ferai un petit jaune cul sec, et sans glace.<\/p>\n<p>Indiff\u00e9rent \u00e0 mes menaces, Tok\u016b indique le tas de macchab\u00e9es en train de pourrir en bas du talus.<\/p>\n<p>\u2014 Il y en a combien, \u00e0 ton avis ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je regarde les lasagnes de corps en putr\u00e9faction. C\u2019est comme quand il y a trop de b\u00e9chamel : difficile de savoir combien il y a de couches.<\/p>\n<p>\u2014 Autant aller voir, d\u00e9cid\u00e9-je en descendant le remblai.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9s pr\u00e8s du millefeuille de charognes, Tok\u016b et moi commen\u00e7ons par d\u00e9tacher les corps. T\u00e2che ardue car sous l\u2019effet de la chaleur et de la d\u00e9composition, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019amalgamer. C\u2019est spongieux, \u00e7a colle, \u00e7a se d\u00e9tache en faisant \u00ab splotch \u00bb, \u00e7a se d\u00e9membre tout seul comme des cuisses de poulet ayant mijot\u00e9 trop longtemps.<\/p>\n<p>Et puis surtout, \u00e7a donne faim, merde ! Parce que plonger les mains dans autant de cadavres avari\u00e9s, c\u2019est comme si j\u2019\u00e9tais face \u00e0 un buffet \u00e0 volont\u00e9. M\u00eame quand tu es rassasi\u00e9, il faut que tu en reprennes encore un peu, que tu en seras malade toute la nuit, \u00e0 borborygmer et \u00e0 flatuler en rafale, mais au moins tu auras go\u00fbt\u00e9 \u00e0 tout.<br \/>\nOh, de la salade de poumon, chouette ! Et l\u00e0, hum, un tartare de cervelle, je n\u2019en ai pas mang\u00e9 depuis tellement longtemps. Et cette farandole d\u2019intestins confits \u00e0 la merde, dis, elle n\u2019est pas gouleyante sur la langue, peut-\u00eatre ? Ah l\u00e0 l\u00e0, je ne sais pas si je vais avoir la place pour m\u00e2chouiller quelques globes oculaires en dessert.<\/p>\n<p>Mais foin de ces consid\u00e9rations gastronomiques. Tok\u016b et moi achevons de patauger dans ce magma de corps putr\u00e9fi\u00e9s et r\u00e9ussissons \u00e0 reconstituer une dizaine d&rsquo;individus, abstraction faite des quelques morceaux que nous avons boulot\u00e9s au passage.<\/p>\n<p>Nous contemplons l\u2019alignement des faisand\u00e9s, et un triple constat s\u2019impose.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, mais ce n\u2019est pas une surprise, tous les d\u00e9funt\u00e9s sont Chinois. Je me tourne vers Tok\u016b qui valide mon analyse : pas Japonais ou Cambodgiens ou que sais-je, non, Chinois. Sans trop m\u2019avancer, je suppose donc qu\u2019il s\u2019agit d\u2019habitants de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Ensuite, plus int\u00e9ressant, les dix gonzes portaient tous des blouses, type laborantins. Bien s\u00fbr, elles sont d\u00e9chiquet\u00e9es et macul\u00e9es de sang et d\u2019humeurs diverses, mais pas besoin d\u2019\u00eatre Sherlock Holmes pour deviner qu\u2019il s\u2019agit du m\u00eame habit pour chacun des corps. Donc on progresse : dix victimes autochtones, travaillant dans un m\u00eame laboratoire ou dans une m\u00eame officine.<\/p>\n<p>Le dernier constat m\u2019alarme davantage. Par acquit de conscience, je m\u2019agenouille pr\u00e8s de la charogne la plus proche et passe les doigts dans la plaie qui lui ouvre le ventre dans le sens de la longueur, remonte le long des chairs d\u00e9chiquet\u00e9es, et plonge la main dans la cage thoracique, l\u00e0 o\u00f9 aurait d\u00fb se trouver le c\u0153ur.<\/p>\n<p>Mais de palpitant, point.<\/p>\n<p>\u2014 Tu penses \u00e0 ce que je pense ? demande Tok\u016b.<\/p>\n<p>\u2014 Je le crains, oui.<\/p>\n<p>On n\u2019a pas simplement tu\u00e9 ces dix p\u00e9kins (oui, bon, d\u2019accord, fallait bien que je la fasse, celle-l\u00e0). Non, on les a massacr\u00e9s, \u00e9ventr\u00e9s, \u00e9gorg\u00e9s, tr\u00e9pan\u00e9s, \u00e9mascul\u00e9s, avec une sauvagerie atroce. Mais l\u00e0 n\u2019est pas le pire. Le pire, c\u2019est qu\u2019on les a en partie bouff\u00e9s.<\/p>\n<p>Les plaies b\u00e9antes, aux contours d\u00e9chiquet\u00e9s, les organes manquants, les membres arrach\u00e9s et mis en lambeaux portent tous la m\u00eame signature.<\/p>\n<p>\u2014 Des golgoths, souffl\u00e9-je.<\/p>\n<p>Pour rappel, il existe deux cat\u00e9gories de zombies : les zombies intelligents, comme Tok\u016b et moi, \u00e0 qui Wilson confie ses missions. Des lieutenants machiav\u00e9liques \u0153uvrant selon des strat\u00e9gies et des plans m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chis.<\/p>\n<p>Et \u00e0 c\u00f4t\u00e9, les golgoths. Les golgoths ce sont les zombies d\u00e9c\u00e9r\u00e9br\u00e9s, ceux qu\u2019on voit dans les films ou les s\u00e9ries, qui avancent comme des glands \u00e0 d\u00e9couvert, et n\u2019ont qu\u2019une seule obsession : manger cerveau. C\u2019est de la chair \u00e0 canon, de la poudre aux yeux que Wilson met au premier plan pour faire diversion, afin de permettre aux zombies comme ma pomme d\u2019agir dans l\u2019ombre en toute discr\u00e9tion.<\/p>\n<p>Et il ne fait aucun doute que ce charnier \u00e0 ciel ouvert est l\u2019\u0153uvre d\u2019un ou plusieurs golgoths. Ce qui veut dire\u2026<\/p>\n<p>\u2014 \u2026 qu\u2019on n\u2019est pas les seuls zombies sur le coup, conclut Tok\u016b. Mince, Wilson est encore en train d\u2019essayer de nous doubler ?<\/p>\n<p>Ce ne serait pas la premi\u00e8re fois en effet que notre boss, qui n\u2019aime rien tant qu\u2019\u00e0 tromper son ennui \u00e9ternel, s\u2019amuserait \u00e0 nous mettre des b\u00e2tons dans les roues, juste pour le plaisir de nous voir essayer de nous d\u00e9patouiller de ses manigances \u00e0 la mords-moi le chibre.<\/p>\n<p>Pourtant, je le revois avec l\u2019autre grosse gonfle de Yahv\u00e9, et je les imagine mal tenter de nous manipuler sur ce coup-l\u00e0. Ils ont vraiment besoin de nous avec cette histoire de virus tueur.<\/p>\n<p>\u2014 Je ne pense pas. Mais un golgoth ne se balade jamais tout seul dans la nature, il est forc\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 un ma\u00eetre. Et je n\u2019aime pas \u00e7a du tout, \u00e7a sent le traquenard. Il faut absolument qu\u2019on le retrouve, mais je ne sais par o\u00f9 chercher.<\/p>\n<p>Tok\u016b s\u2019est agenouill\u00e9 et a ramass\u00e9 un dr\u00f4le de truc. Bizarrement, la premi\u00e8re image qui me vient est celle d\u2019un m\u00e9diator. Du temps o\u00f9 je gratouillais ma vieille guitare.<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est ?<\/p>\n<p>Tok\u016b me regarde, les yeux brillants.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est une \u00e9caille, Orcus. Et devine de quel animal ?<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re s\u2019allume soudain.<\/p>\n<p>\u2014 De pangolin ?<\/p>\n<p>\u2014 Tout juste, Auguste ! Et regarde, il y en a d\u2019autres, \u00e0 intervalles r\u00e9guliers.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est pourtant vrai. En observant attentivement, on rep\u00e8re une \u00e9caille tous les cinq m\u00e8tres environ. Un couillon de pangolin a sem\u00e9 derri\u00e8re lui de quoi le retrouver.<\/p>\n<p>\u2014 Suivons ces \u00e9cailles, d\u00e9cid\u00e9-je. On n\u2019a rien \u00e0 perdre de toute fa\u00e7on. Quitte \u00e0 retrouver un pangolin \u00e0 la con, autant que c\u2019en soit un qui \u00e9tait \u00e0 proximit\u00e9 de ce carnage.<\/p>\n<p>Je m\u2019engage aussit\u00f4t dans un sentier, les yeux riv\u00e9s au sol, \u00e0 la recherche des \u00e9cailles GPS.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est farce, s\u2019esclaffe mon pote sur mes talons. On est en train de revisiter le Petit Poucet, avec des \u00e9cailles de pangolin \u00e0 la place des miettes de pain.<\/p>\n<p>Puis tr\u00e8s s\u00e9rieux, il ajoute :<\/p>\n<p>\u2014 Remarque, \u00e7a ne me d\u00e9plairait pas de tomber sur ce petit merdeux avec ses frangins. De manipuler tous ces corps, l\u00e0, \u00e7a m\u2019a donn\u00e9 une de ces dalles. Et je ne serais pas contre me taper ce nabot en guise de quatre-heures.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9vocation de viande fra\u00eeche doit lui stimuler les glandes salivaires, car le voici parti dans des consid\u00e9rations culinaires dignes de Curnonsky.<\/p>\n<p>\u2014 Un enfant, c\u2019est bien connu, \u00e7a se mange surtout sans cuisson. La chair est tellement tendre et go\u00fbteuse que la faire trop cuire ou bouillir serait un sacril\u00e8ge, et lui \u00f4terait toute saveur. Non, moi, tu vois, le m\u00f4me, je le d\u00e9biterais en carpaccio, en commen\u00e7ant par les fesses et les cuisses, avec juste une petite marinade gingembre citron vert. Et toi, Orcus, tu le boufferais comment, le mioche ?<\/p>\n<p>Vous savez qu\u2019il commence \u00e0 me so\u00fbler, le Jo\u00ebl Robuchon d\u2019outre-tombe ?<\/p>\n<p>\u2014 Avec du wasabi, Tok\u016b !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2014 Et moi je suis \u00e9baubi, Tok\u016b. 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