Maxime Gillio - 2013, chaud comme la braise ?

Lorsque j’ai quitté l’Éducation nationale, il y a maintenant presque deux ans, certaines personnes m’ont dit : « Ah ! C’est pour vous consacrer à plein temps à l’écriture ! » Après que je leur ai expliqué qu’à peine 2% des écrivains de notre beau pays vivaient de leur plume, et que telle n’était pas mon ambition, elles m’ont alors rétorqué : « Oui mais comme vous êtes indépendant, vous pourrez au moins écrire quand vous voudrez. » Passons sur les réalités de la création d’entreprise et du temps et de l’énergie consacrés à pérenniser une société naissante. Le fait est que, oui, il est vrai que je n’ai rien écrit depuis quelque temps. Et qu’a priori, je ne vois pas trop quand je pourrai reprendre le clavier.

Et pourtant…

Des lecteurs, encore, me demandent souvent : « Ben alors, quand est-ce que vous nous sortez une nouveauté ? » Et sur les salons, où je me fais de plus en plus rare : « Tiens, l’année dernière, je vous l’ai déjà pris, celui-là ! Vous n’avez rien de nouveau ? » Ça fait mal.

Paradoxalement, j’ai quand même sorti deux romans et une nouvelle en 2012. Mais la proximité de ces parutions, un boulot titanesque, le dépôt de bilan d’un de mes enc…, de l’un de mes requ…, d’un éditeur qui m’avait passé commande pour des manuscrits, et le fait que je déteste les effets d’annonce publics non suivis de faits, tout cela rend mon actualité éditoriale désespérément plate. Et comme le dit fort justement Gilbert Montagné : « Quand t’es pas vu, tu peux pas être lu ! »

J’en étais là de mes réflexions désabusées quand, regardant mon calendrier et les échéances du début d’année qui se profilent, je réalisai soudain qu’en 2013, ça ferait 10 ans. Dix ans que, pour la première fois, je me suis essayé à écrire, un roman bien timide et maladroit, qui deviendrait plus tard Bienvenue à Dunkerque, avec tout ce qui s’ensuit.

Bon sang ! Dix ans, ça se fête, non ? Alors je ne vous promets pas le grand soir, ni même à manger et à boire, mais s’il y avait moyen d’une petite surprise ou deux dans les bacs, ça l’effectuerait, non ?

Et puis ça me laisse douze mois pour me réveiller…