Carnet de bord d'un correcteur

Maxime Gillio - Camarade éditeur, choisis ton camp : grouillot ou maître queux ?

Vous méritez une bonne correction !

Maxime Gillio Correcteur

Camarade éditeur, choisis ton camp : grouillot ou maître queux ?

Grand cru ou piquette, c'est toi qui vois.

Grand cru ou piquette, c’est toi qui vois.

Je pourrais partir dans un long article un chouïa fastidieux et théorique en trois parties sur l’utilité pour un éditeur de faire appel à un correcteur professionnel, et non à la cousine de son expert-comptable. Mais en réalité, comme c’est l’heure du goûter, et qu’un dessin vaut mieux, bla-bla-bla, allons-y pour une démonstration par l’exemple, sans doute plus parlante.

Vous décidez de vous payer un bon petit restau. Vous hésitez, consultez les menus, comparez les cartes, les prix, puis vous optez pour la formule à 25 euros, un verre de côtes-du-rhône compris[1].

Certes, le menu Maxi Beurk-Of du fast-food d’à côté à 9,90 euros serait moins onéreux, mais allez, on va se faire plaisir avec les vol-au-vent[2] à la financière.

Donc vous vous attablez, salivez d’avance, et attendez votre pitance. Et là, c’est le drame : les vol-au-vent sont trop salés, le pain pas frais, le côtes-du-rhône bouchonné, et le mille-feuille[3] mal décongelé.

Quelle sera votre première réaction ? Votre premier réflexe ? De vous dire : « mince, pour 25 euros, me taper une entrée trop salée, un dessert surgelé et un pinard qui a tourné, merci bien, ils ne me reverront pas, dans leur boui-boui ! »

Et si ça se trouve, vous allez peut-être écrire un commentaire assassin sur les sites dédiés, afin de dissuader les autres clients de s’y rendre.

Vous voyez où je veux en venir ?

Ben oui, se revendiquer éditeur professionnel, c’est agir en tant que tel ! C’est avoir le respect du lecteur, avoir une image de soi exigeante, vouloir le meilleur pour ce qu’on produit.

Parce que si vous négligez la finition de votre publication, croyez-moi, ça se saura très vite. Oh, bien sûr, il y aura toujours des lecteurs moins regardants pour dire qu’en dépit de quelques maladresses, vos livres « explosent en bouche » ou ont un côté « croquant gourmand » (pardon, la métaphore culinaire me travaille…), mais vous risquez quand même, auprès d’une partie non négligeable du public, d’être « l’éditeur-sympa-mais-quand-même-vingt-euros-pour-un-livre-truffé-de-fautes-y-en-a-qui-abusent ».

Êtes-vous prêts à prendre ce risque ?

 

[1] Cet exemple uniquement pour montrer que je sais orthographier correctement « côtes-du-rhône ».

[2] Pareil.

[3] Oui, bon, vous avez compris maintenant.